LA MISE EN VALEUR DE LA COLONIE : LE CAFÉ

Les richesses naturelles de l’île commencent à s’épuiser et les terres sont inexploitées pour ne pas dire abandonnées. Mais la nécessité de produire s’impose car il faut produire pour nourrir 9500 bouches, produire pour ravitailler les navires de passage et, enfin, surtout pour exporter. A la suite de nombreuses ordonnances, l’île se met à produire un peu de tout, fruits, légumes, riz, blé, maïs, bêtes et volailles et est appelé Grenier Bourbon ou Grenier des Mascareignes.

Le commerce mondial fait apparaître une demande croissante en thé et en café, devenus les principaux produits de commerce entre l’Orient et l’Amérique. cette demande grandissante a fait naître de nouvelles cultures à Java, aux Indes, à sumatra, au Brésil et aussi dans l’île Bourbon.

Vers 1715, la culture intensive du café contribue au commencement de la mise en valeur de la colonie. Le café de Maka est introduit dans l’île , concurrencé rapidement par une espèce indigène découverte en 1711, appelée café marron. En effet, ce café bourbon est moins onctueux, moins parfumé et plus amer que le produit de la plante venue d’Arabie. Après quelques années difficiles, dues principalement à al réticence des planteurs à cultiver la nouvelle variété et le temps que celle-ci commence à donner ses premiers fruits, les gouverneurs successifs exigent par voie d’ordonnance, de planter obligatoirement le café de Moka. “...déclare en séquestre toutes les concessions sur lesquelles il n’y a pas de caféiers originaires de Moka rapportant fruits...”

D’autres difficultés apparaissent. Les techniques de séchage ne sont pas maîtrisées et le café moisit en cours de voyage, les sacs d’emballage font défaut ou ne sont pas de bonne qualité. Mais, en dépit de ces difficultés, la culture prend de l’extension et le cours mondial du café est très intéressant.

Cependant, pour donner au café Bourbon “le degré de perfection qui doit le rendre marchand”, les autorités on eu très tôt pleine conscience qu’il fallait aux habitants “suffisamment de noirs”... L’accroissement du trafic négrier est inséparable du développement de la production de caféiers...

Le nombre d’esclaves adultes passe de 539 en 1713 à 4494 en 1735.
“Une délibération du Conseil Supérieur du 18 juin 1726 fixe que les esclaves de la Copagnie recevraient par jour une livre et demie de riz, les femmes et les enfants une livre, ou autre nourriture équivalente.”
Une autre délibération du 18 jullet 1735, rappela que les propriétaires devaient donner à leurs esclaves, “au moins deux livres de maïs ou autre nourriture équivalente”.

“L’ordonnance de 1685 avait fixé comme suit la nourriture des esclaves : par semaine, 2,5 pots de farine de manioc ou 3 de cassave peant chacun 2,5 livres ou 2 livres de boeuf slé ou 3 livres de poisson... A Bourbon, il ne pouvait être question de manioc car cette plante ne fut introduite que sous Labourdonnais” (Lougnon, l’Île Bourbon pendant la régence).

Les conditions très difficiles de l’esclavage ont poussé les esclaves, surtout d’origine malgache, à fuir des propriétés et ils s’installèrent en clandestinité, dans des endroits reculés. Ces derniers, appelés “marrons”, se nourrissaient de racines et de “songes” auxquelles viennent s’ajouter les fruits de leurs périlleux larcins : du maïs le plus souvent, des patates, des citrouilles, parfois des volailles ou même un cabri...

Durant toute cette période consacrée essentiellement à la culture du café, les agriculteurs délaissent plus ou moins la production de cultures vivrières. Les intempéries, les sauterelles, les rats, les difficultés de conservation viennent y contribuer/ La Compagnie ne manquera pas, à différentes reprises, de rappeler à l’ordre et de conseiller d’exploiter de nouvelles terres. La cultures des céréales de grains et de légumes, l’élevage de bestiaux et de volailles s’avèrent indispensable pour nourrir la population sans cesse croissante et aussi pour ravitailler les navires de la Compagnie.

Le café, après ces années de gloire, menacé par d’autres concurrents, va peu à peu diminuer et laisser progressivement la place à d’autres cultures spéculatives.

Promenez la souris sur les photos pour découvrir les chapitres (dossier : Christian ANTOU)

Les autres dossiers de Christian ANTOU

Pour mieux comprendre de quoi est faite l'actuelle cuisine réunionnaise, et savoir où elle va, il faut se pencher sur son histoire, ce qui a fait que les apports ethniques l'ont faite évoluer. Réponse dans ces dossiers...

Fonds commun

Tout ce qui fait ce qu'est la cuisine réunionnaise, les apports de la cuisine française, indienne, chinoise, au africaine au sens large... Rougails, Caris, qu'est ce que c'est, comment ça fonctionne Lire plus ...

Histoire

Bien que n’étant ni universitaire, ni historien, je vais tenter une petite description de l’histoire de l’île de la Réunion, à travers une étude et synthèse des nombreux ouvrages écrits par des Lire plus ...

Produits

Tous les produits utilisés dans l'art culinaire réunionnais, que Christian affectionnait particulièrement de mettre en avant. Fruits, légumes, brèdes, épices, aromates, etc. Tous les dossiers de Lire plus ...

Les recettes par catégorie

Le groupe FACEBOOK des amis de GOUTANOU

Rejoignez le groupe d'échange sur la cuisine réunionnaise. Publiez les photos de vos recettes, échangez avec les autres membres... Cliquez sur la photo ci-dessous, pour rejoindre le groupe GOUTANOU sur FACEOOK
groupe goutanou sur facebook

groupe goutanou sur facebook