LOCAL ET MATÉRIEL

cuisine-lontanLa plupart des cuisines d’aujourd’hui ressemble pratiquement à n’importe quelle cuisine, à classe économique correspondante, de métropole. Mais dans les cas où les conditions les permettent (présence de cour, proximité pas trop grande), la présence d’une deuxième cuisine est courante.

L’une dans l’habitation principale, l’autre à l’extérieur. Si la cuisine intérieur comporte le confort et le matériel courant, gazinière (ou réchaud à alcool ou au pétrole pour les plus démunis), four, réfrigérateur, congélateur, petits matéreils électriques, éclairage et eau courante, celle de dehors est plus sommaire et plus rustique, utilisant comme combustible le bois.

Chez les familles, aux deux cuisines, pour des raisons de notre temps (travail de la conjointe, difficulté à trouver du bois ou chèreté), le repas est préparé dans la cuisine intérieure et la deuxième est réservée pour les cuissons longues (grains, confitures), le boucannnage de salaisons et la préparation des carrys pour les dimanches et jours de fêtes.

La-Reunion-lontan---Feu-de-boisCette cuisine au feu de bois, non loin de l’habitation, est souvent séparée de celle-ci par une tonnelle ou une varangue qui relie les deux. Ce lieu de séparation est alors utilisé pour les travaux de préparation, trier le riz, nettoyer les brèdes, de lieu où l’on mange, souvent sans tabla ni chaise, mais accroupi en utilisant tabourets, caisses... comme siège, ou encore de lieu de repassage pour les familles utilisant les fers à charbon.

Dans le même local, il n’est pas rare de trouver comme cuisine unique, une cuisine au feu de bois. Cette pièce indépendante, assez grande, contient sous le toit une surface assez grande qui permet de stocker et de sécher du bois de grains, des oignons, de l’ail, du maïs... cet endroit souvent peu éclairé, s’appelle le “farfar”.

Voici une description d’une cuisine par J. Defos du Rau, en 1960 : “Dans les emplacements très misérables, la “cuisine” se compose tout simplement d’un basero ou de quelques pierres en plein air formant foyer, au-dessus desquels on pose une marmite. La cuisine alors se fait sous un arbre, ou au pied d’un écran de feuilles d’aloès ou de bananiers, qui abrite le foyer et quelques fois du soleil."

Mais toute case digne de ce nom possède, à quelques mètres au dehors, derrière ou sur le côté, sa “cuisine”. Celle-ci est alors une seconde case, beaucoup plus petite, 2m sur 2 au maximum, et beaucoup plus mal bâtie. Elles est souvent en paille, alors que la case est en bois, matière noble.

Elements_de_cuisine_Tina_et_martial-800-800_141436351La cuisine se compose essentiellement d’une table de maçonnerie où sont aménagés deux ou trois foyers pour charbon de bois. Sur le charbon rougi, la ménagère pose ses mamrmites en fonte, récipients universels à la Réunion. Marmites à part, elle n’use que peu d’ustensiles. Les “fers-blancs” pour l’eau, la “grègue” (cafetière) et le moulin à café, le “pilon” (mortier) en bois ou en pierre, façonné à domicile, avec son “calou” (bâton à piler) pour hâcher piment, tomates, etc., le mulin à maïs... La ménagère créole ignore poêles, casseroles, carafes. Elle fait griller vert dans la marmite, elle se sert comme récipients de jeu de “moques”, ou boites de conserve de divers calibres. Au mur, sont accrochés les “tentes”, contenant les provisions. Une planchette calée dans un coin sert de tables de préparation. Une étagère, une chaise de Gol peuvent compléter l’ameublement mais rarement une table. On mange assis sur un escabeau, sur une pierre, souvent dehors, sous un arbre. Deplus en plus cependant, se répand l’usage de la lampe et surtout du réchaud à alcool, très pratique dans un pays où l’alcool est bon marché. La cuisine a beau être hors de la case, c’est lieu essentiel autour duque vit la famille, où elle se rassemble pour les repas, le refuge pour les jours d’hiver et de pluie dans les maisons qui n’ont aps de varague...”.

Ustensile de cuisineD’autres ustensiles viennent compléter cette liste, récipients sous forme de calabasse vidée, de coque de coco, de râpe faite d’une boite de sardine ou d’une tôle trouée à l’aide de pointes, de van servant à trier le café, les grains, le riz...

Autrefois, les marmites “trois pieds” étaient posées sur des “touk”, foyer malgache composé de trois pierres.

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